mercredi 12 août 2009

1-0, tarif trop habituel des Bleus

Ce n'est pas un secret : l'équipe de France n'est pas au mieux de sa forme. Pis, depuis la fin des éliminatoires pour l'Euro 2008, échec retentissant, elle s'est inventé de nouveaux travers, toujours pas corrigés. En ligne de mire, la défense des Bleus, trop souvent coupable d'errements parfois fatals.

Et hélas, rien n'a été différent aujourd'hui en fin d'après-midi, lors du match contre les Îles Féroé qui vient d'être disputé. Seul Gignac a sauvé les Français de la noyade, en inscrivant un improbable but en pivot. Le reste ? Pas grand-chose à garder : maladroite dès qu'elle arrive à 20 mètres des buts adverses, l'équipe de France est incapable de marquer.

Pour couronner le tout, la défense a été en forme une fois de plus, offrant quelques frayeurs en plusieurs occasions, particulièrement à la fin du match. Ainsi vont les Bleus : de match en match, ils avancent à tâtons, et ne sortent victorieux que dans la douleur et l'incertitude. Mais cet état des lieux alarmant a une cause. Cause qui a un nom : Domenech, le coach déjà trop longtemps à la tête des Bleus, et instigateur de leurs principaux échecs depuis un an. Il ne tient qu'à la fédération de le mettre à l'écart. Et vite.

samedi 1 août 2009

Russie / Géorgie : vers une nouvelle guerre du Caucase

Souvenez-vous, c'était il y a un an. La Géorgie, profitant des Jeux Olympiques vers lesquels tous les regards convergeaient, lançait une attaque éclair pour réduire à néant les velléités séparatistes de sa province d'Ossétie du Sud. Mal leur en a pris, puisque la Russie, soutien de cette région où la majorité de la population a la nationalité russe, écrasait littéralement les troupes ennemies, allant jusqu'à pénétrer en territoire géorgien pour intimider Tbilissi. L'appel au secours à l'Occident de Saakachvili était cependant entendu, Sarkozy (alors président de l'Union Européenne) se chargeant de faire signer un compromis entre les deux parties. Il entérinait, en réalité, l'acte de victoire russe, qui proclamait peu après l'indépendance de l'Ossétie du Sud.

Demi-surprise, aujourd'hui : les Russes ont de nouveaux griefs à l'encontre de la Géorgie. Ils l'accusent en effet d'avoir attaqué au mortier et à la grenade Tskhinvali, la capitale sud-ossète. Et n'hésitent pas à menacer à nouveau la Géorgie, qui leur pose décidément bien des problèmes, en promettant de faire usage de toutes leurs forces et leurs moyens, si la situation s'y prête. Le conflit larvé dure en fait depuis la fin de l'URSS entre les deux Etats. Car si la région est minuscule, elle a une importance capitale à leurs yeux, et ce pour plusieurs raisons.

Comme chacun sait, la Géorgie, pro-occidentale, clame sa volonté de rejoindre l'OTAN depuis quelques années et ne compte pas manger dans la main des Russes. On l'a compris, cet Etat considère aussi l'Ossétie du Sud comme faisant partie de son territoire. Lequel devient enjeu dès lors qu'il est le lieu d'installation future des tuyaux de transit de gaz et de pétrole vers la Turquie... Sa proximité avec les champs pétrolifères de la mer caspienne achève d'en faire un sujet de discorde majeur entre Russes et Géorgiens, et plus largement, entre Russes et Occidentaux. Les intérêts de Gazprom, la compagnie russe, et de Total, le célèbre géant français, se dessinent en arrière-plan, et constituent le vrai nerf de ce conflit du Caucase, qui risque donc, hélas, de durer encore un moment.

lundi 27 juillet 2009

Manuel Valls, l'homme du changement au PS

On ne peut y échapper. Depuis près de 2 semaines, la déchéance du PS truste les médias. Au centre de cette désagrégation, Manuel Valls, l'homme par qui la polémique est arrivée. Le quadra, représentant d'une gauche moderne, n'a pas ménagé sa formation politique, et en particulier son actuelle première secrétaire Martine Aubry. Principales critiques du maire d'Evry : la "conception très datée du parti" de la dirigeante, le "danger de mort" qui menacerait le PS... Débordée, attaquée de toutes parts dans les médias et au sein de son propre parti, Aubry aura certainement du mal à faire taire les voix discordantes. Car depuis sa maladroite lettre appelant les socialistes à l'unité de façade, Julien Dray, Jack Lang ou encore Arnaud Montebourg s'en sont également donné à coeur-joie, fustigeant la fermeture idéologique du PS. Ultime coup de poignard : Bernard-Henri Levy souhaite sa dissolution.

De toute évidence, Valls a réussi son coup. Nul doute qu'il s'attendait à ce que le pavé lancé dans le bourbier socialiste ferait, au minimum, quelques vagues. Et c'est en réalité un véritable tsunami qui ne cesse de s'abattre sur la direction du PS. Le député de l'Essonne, bon client, avait auparavant multiplié les apparitions sur les plateaux télé. Première étape d'une stratégie bien huilée, dont il a lancé la seconde partie ensuite. Et, dans un monde médiatique du spectacle et de la communication tous azimuts, on ne peut lui reprocher cette attitude. Pas plus qu'on ne peut remettre en cause ses velléités bien réelles de refonder la maison socialiste. Mais que propose vraiment l'homme qui désire quelques "blancos" de plus à Evry ?

Car force est de constater que, si Valls n'esquisse qu'une ébauche de son socialisme, la rénovation formelle qu'il suggère est profonde. Ainsi, il ne cesse de clamer que le PS doit changer de nom, et se réformer en tenant compte du libéralisme mondialisé, impossible à stopper d'après lui. Mais surtout, le PS doit partir de ses divergences fondamentales avec la droite, dixit le député-maire. D'où certaines suggestions : des alliances décomplexées avec les Verts et le Modem pour les régionales de 2010, par exemple. Valls ose aussi évoquer les sujets qui fâchent à gauche, comme l'immigration et la sécurité. Prônant des politiques fermes sur ces thèmes, il n'hésite pas à soutenir la loi Estrosi sur les bandes, ou encore le ministère de l'Immigration sarkozyien. D'aucuns sous-entendent déjà, tel Harlem Désir, que Valls est plus proche de l'UMP que du PS.

Mais le maire d'Evry, qui a la volonté de succéder en 2012 au "maire de Neuilly", a plus d'un tour dans son sac : à ceux qui pointent son supposé manque d'idées, Valls a déjà répondu. Selon lui, un leader doit être désigné, et les idées élaborées ensuite, grâce au rassemblement autour du dit leader. Tandis que le séisme ébranle de plus en plus les fondations du PS, lequel semble aggraver son cas chaque jour, la fraîcheur d'un Valls, en ces temps estivaux, est plus que bienvenue et apporte avec elle un vent d'espoir. Si certains cadres de la nomenklatura socialiste essaient encore de défendre leurs petits intérêts, la hardiesse et le talent du candidat déclaré aux possibles primaires de la gauche change la donne. Et laisse espérer des jours meilleurs à un PS qu'on se prend à imaginer transformé, assaini et décomplexé. Car il en va de la survie du socialisme français. Or, Martine Aubry, en ignorant les divisions et les problèmes identitaires de sa formation, ne lui fait aucun bien. Au contraire, elle l'enfonce dans son cercueil. Le coma risque donc d'être inexorable. Ou bien la mort clinique, si rien ne change.

lundi 13 juillet 2009

Ilan Halimi : vers une instrumentalisation de l'affaire

"La Shoah recommence". Des paroles fortes, sans concession, pleines d'émotion. C'est Ruth Halimi, la mère d'Ilan, séquestré, torturé et tué début 2006, qui les a prononcées au lendemain du verdict. Ses ravisseurs estimaient qu'un juif avait forcément de l'argent, et comptaient le soutirer à sa famille. Pas de quartier donc pour Fofana, le cerveau du crime : peine maximale, soit la perpétuité assortie de 22 ans de sûreté. Mais ses deux plus proches complices ont, eux, écopé de 15 et 18 ans de prison. Et la fille qui a attiré Ilan dans le piège ? 9 ans. Des peines inférieures aux réquisitions de l'avocat général. Ce pourquoi la mère du défunt a exprimé sa déception.

Pendant ce temps, les associations fourbissaient déjà leurs armes : ainsi, le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) et le Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme ont à leur tour jugé que les peines n'étaient pas assez grandes pour certains co-accusés. Ce faisant, ils niaient les appréciations de Philippe Bilger, avocat général, qui estimait que le verdict était exemplaire en tout point, et que ce procès était un modèle du genre. Il l'a pourtant bien précisé, il n'y a pas de "gang des barbares" : juste un barbare, Youssouf Fofana. Le reste ? Une bande de désoeuvrés soumis à l'influence du maître (ce qui n'excuse pas leurs actes, bien entendu). Mais Michèle Alliot-Marie, nouvelle Garde des Sceaux, est restée sourde à ces paroles et a enfoncé le clou : sortant du conseil des ministres ce matin, elle a ordonné au parquet de faire appel.

L'Union Syndicale des Magistrats n'a donc pas tardé à réagir, jugeant cette demande "inquiétante". Et à raison. Car le feuilleton haletant qui s'est déroulé en moins de 4 jours, depuis l'annonce du verdict vendredi, jusqu'à l'appel effectif du parquet, ce lundi, ne peut avoir qu'un seul nom : instrumentalisation. Instrumentalisation par la partie civile, Ruth Halimi, qui criait que le procès était insatisfaisant ; instrumentalisation par le CRIF, qui deviendra peut-être partie civile lors de ce nouveau procès où 14 co-accusés seront rejugés ; et, ce qui est le plus grave, soumission totale du ministère à toutes ces pressions. Au mépris de la raison, de la justice et de l'apaisement. Sous la coupe de ceux qui veulent donner ce procès en exemple, afin d'en faire le symbole d'une haine anti-juive prétendument répandue, afin de perpétuer la mémoire victimaire du peuple juif. Gageons que cette dérive écoeurante ne restera pas sans conséquences : elle donnera du grain à moudre à ceux qui crient à la conspiration et au lobby sioniste tout-puissant. Bref, elle n'arrangera personne.

dimanche 12 juillet 2009

Affaire Orelsan : liberté d'expression bafouée... par qui ?

A l'écoute des chansons d'Orelsan, le nouvel enfant terrible du rap, on ne peut que rester circonspect. Parmi les perles, on compte bien évidemment la désormais célèbre "Sale pute", mais également la tout aussi ordurière "J'aime pas la Saint-Valentin". La polémique déclenchée par la première, redécouverte sur Internet par une blogueuse, avait bien failli évincer le jeune artiste du Printemps de Bourges. C'était sans compter sur la direction du festival, qui a défendu sa liberté, et ce malgré l'arrêt du versement de certaines subventions.

A la Rochelle, en Poitou-Charentes, pas de concession : le rappeur a été déprogrammé par les Francofolies. Une décision qu'a eu du mal à comprendre Cali, qui a hardiment défendu Orelsan, critiquant vertement le festival par la même occasion, accusé d'endiguer la liberté d'expression. Olivia Ruiz, plus discrète, s'est contentée de dédier son concert à l'artiste malheureux hier soir. Jean-Louis Foulquier, fondateur des Francofolies, a cependant tenu à clarifier immédiatement la situation : il annonçait ainsi, cet après-midi, que Ségolène Royal s'était comportée en véritable "maître-chanteuse" !

La présidente de la région Poitou-Charentes aurait en effet menacé de priver le festival de toutes ses subventions régionales si la programmation n'était pas arrêtée sans Orelsan. Maligne, celle-ci avait affirmé à Sud-Ouest avoir seulement demandé des "clarifications" sur la présence du rappeur. M. Foulquier n'y va pas par quatre chemins, parlant de "femme qui clame la censure". Dans ce jeu de yoyo qui se dessine, Mme Royal contre-attaquera sans doute prochainement, ce qui n'aidera pas à distinguer le vrai du faux. En tout cas, si M. Foulquier doit défendre la réputation de son festival, nul doute que l'intérêt d'une déclaration aussi grave, si elle était sans fondement, serait très limité...

samedi 4 juillet 2009

Ministère de l'Immigration ou démagogie de droite

26 000. C'est le nombre d'expulsions qu'espère cette année Eric Besson, ministre de l'Immigration. En 2008, près de 30 000 reconduites avaient été effectuées, bien au-delà des espérances. Cependant, ce chiffre apparemment énorme recèle bien des surprises : plus de la moitié des expulsions provient de Mayotte, le TOM au centre de rétention controversé. Chiffre également très trompeur, car la plupart des expulsés revient, réduisant la prétendue efficacité du ministère à une peau de chagrin.

Et ce n'est pas étonnant, au vu de la logique qui l'anime, à savoir la politique du chiffre. Ce n'est évidemment pas le seul domaine pour lequel le gouvernement se vante d'obtenir des résultats, qui s'avèrent être un leurre. Ainsi, le ministère promis par M. Sarkozy, et instrumentalisé pour rallier les voix de l'extrême-droite, est un anesthésiant puissant. Le symbole de cet énorme mensonge est la ville de Calais, où les migrants reviennent aussi vite qu'ils sont partis.

Dévoiler des chiffres affriolants, sans s'attaquer au réel problème : tel est donc le seul souci du gouvernement. Il n'est évidemment pas infondé de freiner l'immigration illégale, mais encore faudrait-il s'attaquer à l'autre volet du ministère. Pourquoi l'intégration, qui fait pourtant partie de son intitulé, n'est-elle pas prise en compte ? La restriction du passage des migrants devrait s'accompagner d'une réelle volonté politique d'aborder son côté humain. C'est à ce prix que nous rapprocherons certains migrants de la France et de ses valeurs, par le travail, par l'apprentissage de son histoire et de ses idéaux. Sans quoi, le ministère de l'Immigration reste une coquille désespérément vide.

mercredi 1 juillet 2009

Facebook, ou le règne du Moi futile

"Bisous dans le cou", "Aller bronzer sur la plage", "Aimer / embrasser"... Voici, en vrac, quelques noms de pages désormais omniprésentes sur Facebook. Le réseau social, s'il a pour but de connecter la populace de façon bien plus large que jamais auparavant, est aussi le reflet d'une tendance dont le monde contemporain est l'avènement : l'expression du Moi dans toute sa splendeur. Avec un conformisme et une banalité affligeants.

Dernière merveille en date qui m'a fait sursauter dans ma chaise : "Suspendre les pédophiles par les couilles". La démonstration, s'il en fallait, des faits décrits plus haut. Nul doute, en effet, que la société réprouve véhémentement la pédophilie. Chacun le sait, chacun ne voudrait pas la voir. De là à l'exprimer de façon aussi forte sur Internet, le pas est minuscule mais déterminant.

Car voilà qu'est venue, à chacun, la possibilité de représenter son Moi virtuellement, avec toutes les dérives que cela comporte. Voilà que chacun se fait le héraut du consensus et de l'inutilité les plus grands qui soient, en se construisant un ersatz de personnalité via Facebook. Au vu de ceci, la révélation du monde contemporain semble s'imposer : futile, dénué de sens, et surtout d'esprit.

Bien sûr, je ne saurais mettre en cause la différence et l'individualité de chaque être humain. Fort heureusement, nous ne sommes pas tous les mêmes et conservons nos particularités. Mais force est de constater que l'outil social virtuel ne met pas celles-ci en avant : au contraire, il dévoile le conformisme, et les idées unanimement partagées par tous (ou presque). Allez, ne soyons pas pessimistes : il y a quand même des espaces où la pensée se fait autrement plus intelligente sur Internet.